Politiques Haitiennes

 

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  • Crise de leadership en Haiti

Par Jean Erich René

 

Nous vivons l'ère des grandes mutations sociales. Les vents de changement charrient dans leurs courses effrénées, les normes, les valeurs, les schèmes de pensée qui constituaient les éléments de base de l’équilibre social haïtien. Au nom de la démocratie, du changement au profit du peuple, de son avancement économique et social, les vérités d’hier ne sont plus acceptées. Cette mutation du système des valeurs crée un sentiment d’insécurité, une atmosphère de méfiance et finalement une impression d’échec. Cette période particulièrement dangereuse, de notre histoire de peuple libre et indépendant, est symptomatique d’une crise patente de leadership en Haiti.

Morris et Semman, deux sociologues américains affirment que le succès d’un leader dépend de sa prestation auprès de son groupe social. Les strates sociales haïtiennes n’ont pas les mêmes besoins, les mêmes motivations ni les mêmes aspirations. La diversité des horizons humains entraine une différence nette de réflexes, de perceptions et de réactions. Il résulte chez certains acteurs sociaux un recroquevillement frôlant la schizophrénie. On assiste à un véritable cloisonnement et à l’internement des problèmes personnels. Cette compression comporte des risques d’implosion très dangereuse pour l’ensemble du Corps Social. Il suffit d’une simple excitation externe pour que la baraque s’écroule. Ce comportement devient presqu’une coutume.

L’absence d’interactions dynamiques explique l’incohérence des sujets et leur imperméabilité par des meneurs pour former des groupes sociaux malléables en vue de constituer une force qu’ils peuvent orienter dans les directions souhaitées. La scène politique haïtienne devient vraiment confuse a cause de l’irrationalité des acteurs politiques et leur tendance commune de profiteurs et de raquetteurs. Comme Diogène nous cheminons en plein jour, avec une lampe allumée sur notre tête, a la recherche d’un candidat sérieux et compétent, exception faite de la Dame au chignon et aux lunettes bien astiquées, nous devons vous confesser notre grande déception par rapport a l’absence d’un programme de Gouvernement .

Certains candidats ne sont que de vulgaires inconnus sans plume ni encre. D’autres n’ont aucune envergure ni panache. Au contraire ils se sont déjà signalés par leurs bizarreries, les vols et les crimes commis au grand jour. Dans une perspective de Carnaval torse nue, une taille de vilebrequin saccadée par des déhanchements lascifs, au rythme du compas le Président en herbe monte la Rue des Casernes pour entrer au Palais National. Quelle tristesse! Quand Préval et Jude Célestin font distribuer des maillots en duo a leurs effigies, ils s’intègrent dans l’aventure de Tintin et de son chien Milou. Quel est le palmarès du Directeur du CNE pour diriger Haïti. Après 8 mois, les gravats du séisme du 12 Janvier 2010 jonchent encore le macadam de Port-au-Prince.

L’objectif de Préval en jetant son dévolu sur Jude Célestin vise surtout à protéger ses arrières. La hantise du 55e Président d’Haïti c’est l’exil qu’il juge impie ou encore la prison qu’il considère comme odieux a ses yeux. Pourtant au cours de ses deux mandats il a infligé les deux a ses adversaires politiques. Est-ce la raison essentielle qui lui a porté à livrer son passeport au Sénateur Boulos. "Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse."Cette règle d’éthique lui fut rappelée à point nommé par Jean Hector Anacacis.*

La présidence de Jude Célestin est indispensable pour René Préval. La justice française vient de transmettre au Tribunal Pénal International (TPI) le dossier d’Amaral Duclona. 76 bandes sonores ont été soumises par l’accusé dénonçant les commanditaires de ses crimes commis en Haïti durant ces deux dernières décennies. Les causes ne sont pas seulement politiques mais aussi économiques et même passionnelles. Présidents de la République, Commerçants, Industriels etc. ont requis le service de l’homme de main pour les besoins respectifs de leurs causes ou de leurs négoces. Prochainement le procès d’Amaral Duclona au Tribunal de la Haye va provoquer en Haïti un séisme politico-social. Ordinairement on n’interpelle pas un Président en exercice. Il faut attendre la date fatidique du 7 février 2011 pour que les dossiers soient déballés. Pas un jour de plus, pas un jour de moins, aucune prolongation ne sera accordée malgré le vote des 2 Chambres...

 

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Débat Présidentiel en Floride le 14 nov. 2010
 


Les élections auront-elles lieu? Cette question chiffonne plus d’un observateur et enlève le sommeil à  pas mal d’acteurs politiques en selle. Jusqu’à présent des 30 millions sollicités pour le financement des joutes électorales du 28 novembre 2010, pas un sou n’a été encore décaissé. Le Secrétaire Général de l’OEA, allié naturel des Altermondialistes qui ont retourné René Préval de force sur le fauteuil présidentiel en février 2006, a donné son appui au CEP de Gaillot Dorsainvil, pourtant décrié par l’opinion publique. Comme dans un mouvement pendulaire visant a rétablir l’équilibre, un autre son de cloche s’est immédiatement fait entendre du côté du Secrétaire Général de l’ONU. Cette contradiction exprime un certain malentendu sur le plan international.

L’Envoyé Spécial de l’ONU et le Club de Bourdon, les deux plus grands propriétaires terriens actuellement en Haïti, se débattent comme le diable dans un bénitier pour garder au pouvoir cette clique qui fait fructifier leurs affaires. Des propriétés achetées à $ 7.000 seront revendues à $ 52.000 au Gouvernement aux fins de la reconstruction d’Haïti. L’Arrêté déclarant d’utilité publique l’aire métropolitaine de Port-au-Prince circonscrit surtout la zone commerciale incluant le Bord de Mer, la Rue St Honoré, la Rue Capois et la Rue des Césars. Depuis l’assainissement du littoral pour la construction du Bicentenaire par Dumarsais Estimé, y compris aussi la Grand’Rue sous François Duvalier, peu d’occupants détiennent des titres de propriété. Le délai imparti par l’Arrêté est relativement court, compte tenu de la lenteur des procédures administratives. Les terrains de ces pâtés de maison sont souvent des dons faits par les Gouvernements a leurs ouailles. Ce climat de déguerpissement des résidents de manière aussi arbitraire en faveur des amis du régime en péremption va soulever la grogne des victimes.

A quand la reconstruction des résidences pour reloger les familles placées sous les tentes? Cette question prioritaire n’a pas été soulevée. Les itinérants sont condamnés a dormir a la belle étoile bravant l’insécurité, l’insalubrité, la pluie, les cyclones et les chauds rayons du soleil. Qui pis est, la dite opposition politique n’en a cure. Pendant 3 jours les Partis politiques se sont réunis pour tenter de trouver une sortie de crise, comme par le passé, la montagne accouchera d’une souris. Cette Force Unitaire est-elle viable ou serait-ce un bébé mort-né? Préval connait bien les membres de l’opposition, il suffit de graisser leurs pattes ou les intimider pour les dissocier afin de poursuivre son plan machiavélique d’installer Jude Célestin comme 56e Président de la République. L’assassinat du Dr Ronald Joseph demeure lettre morte.

 

L’indigence intellectuelle de nos prétendus hommes politiques et l’insignifiance des actions entreprises sont symptomatiques d’une crise de leadership en Haïti.
     

 

Jean Erich René 

 

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AUDIO:

 

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  • Haiti : L’échec de la tentative de récupération de Wyclef Jean

 

samedi 25 septembre 2010

Par Leslie Péan

 

Soumis a AlterPresse le 25 septembre 2010

Les thèses de Noam Chomsky et d’Edward Herman [1] sur la fabrication du consentement à partir des médias « en symbiose » avec le statu quo, viennent de trouver une parfaite illustration dans les menées réalisées par l’empire et ses valets pour neutraliser l’artiste Wyclef Jean. Il s’agit de ligoter ce dernier avec les ficelles invisibles de l’abêtissement généralisé d’un système qui condamne à vivre sans être. Désorienté par les déclarations du 14 septembre 2010 de Wyclef que son engagement pour Haïti s’inscrit dans la durée, la monumentale machine à broyer s’est mise en marche. Pressions commerciales et médiatiques se dressent dans le champ de la vie de l’artiste pour le frapper. Pour empêcher que la beauté et l’intelligence de sa conscience fleurissent. En lui souhaitant bon courage pour poursuivre le combat contre le système archaïque d’exclusion qui l’a éliminé de la course présidentielle, il s’agit de capter ce moment de sa révolte dans ce qu’il a d’éternel. Pour contribuer à permettre à tout un chacun de se libérer de ce qui l’entrave, le trompe, l’endort afin de se distancier des ombres de l’enfer. L’exemple de Wyclef est contagieux et comme le dit Chomsky, « le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu’ils peuvent provoquer des changements. »

Les artifices des secteurs conservateurs et réactionnaires de la communauté nationale et internationale pour maintenir le peuple haïtien dans un état de zombification vont bon train. Le scénario consiste à tout faire pour maintenir en selle le gouvernement Préval à travers le successeur qu’il se sera choisi. La dictature imposée par Préval piétinant la Constitution et hurlant avec les loups pour ne pas organiser les élections quand elles devaient alors avoir lieu ou pour faire des élections frauduleuses ne suffit pas pour porter l’ONU et les gouvernements américains et européens à boycotter ce gouvernement. De même, les millions de dollars disparus sans laisser de traces ne sont pas suffisants pour porter les bailleurs de fonds à se désolidariser de ce gouvernement. Même le crime de Robert Marcello en janvier 2009, directeur de la Commission des Marchés Publics, ne suffit pas à altérer le caractère sacro-saint du soutien à Préval. Sa fille Daphnée Marcello exprime son étonnement en disant « je comprends mal que son enlèvement n’ait pas suscité une grande mobilisation des autorités … » Les silences sur toutes ces questions sont révélateurs du fonctionnement de la société haïtienne sous la houlette d’une communauté internationale qui tient à se tenir à l’écart de ces faits.

L’effet téflon contre le cortège de haines et de rancœurs

Il y a dans le vocabulaire politique du Québec une expression qui va comme un gant à Wyclef Jean depuis son entrée fracassante dans l’arène électorale haïtienne : l’effet téflon. Quand les accusations, fondées ou non, la médisance, la calomnie, le renseignement, la désinformation ne peuvent rien contre la cote d’amour d’un candidat à une fonction élective, les commentateurs et analystes québécois disent que ce dernier a l’effet téflon. Dans la course électorale qui se déroule actuellement en Haïti, aucune expression ne reflète mieux la manière dont Wyclef Jean a résisté aux attaques tous azimuts lancées contre lui depuis la non moins spectaculaire sortie de l’activiste américain Sean Payne jusqu’à sa disqualification par le Conseil électoral. Et brusquement les prophéties et mises en garde des cassandres se sont tues faisant place aux chants des sirènes. À preuve l’invitation faite à Wyclef de s’asseoir à la table des grands à New York le jeudi 23 septembre.

Le scénario de zombification gauchiste pour contrôler le pouvoir politique a été ébranlé par la candidature de Wyclef Jean qui a défrayé la chronique et fait sortir toutes les haines accumulées contre les exclus. Rejetant les pesanteurs des structures qui lui dictent sa place dans la société, Wyclef estime qu’il mérite une autre place et décide de présenter sa candidature à la présidence. Il n’a maille à partir avec personne et croit que son destin est entre ses mains seulement. C’était sans compter avec les préjugés de l’espace-temps haïtien qui pense qu’un tel projet est insoutenable. Aussi les apriori et les clichés se sont déversés sur lui avec leur cortège de haines et de rancœurs. Wyclef est devenu l’intrus et l’envahisseur. Mais tout comme les aliments ne collent pas au revêtement téflon des ustensiles de cuisine, les médisances des partisans du système archaïque haïtien ne collent pas sous l’effet téflon de Wyclef. Un système basé sur l’exclusion de ceux qui n’ont pas un langage châtié, ne s’habillent pas comme eux et qu’ils estiment dès lors être incapables de concevoir un noble dessein pour Haïti.

Détourner la jeunesse de la politique

La dictature obscurantiste duvaliériste a tout fait pour que les jeunes s’éloignent des études sérieuses et adoptent une forme ou une autre de je m’en-foutisme ou de fatalisme dans leur comportement quotidien. Pour cela, la politique du divertissement musical a été encouragée. Dans un tel contexte, mini-jazz et orchestres fleurirent comme des champignons après la pluie au point que même Jean-Claude Duvalier avait son petit orchestre. La musique pop était vue comme un opium pour endormir la jeunesse et la détourner de la politique. Les choses de la cité étaient donc délaissées aux mains d’ignares et d’assassins qui devenaient ainsi des modèles pour la jeunesse. Les tontons macoutes ont conduit les jeunes à délaisser le livre au profit de la guitare et de la bouteille. La culture de la fête, de l’alcool et du jeu (la borlette) est mobilisée pour tenter d’effacer la crise politique et économique dans l’imaginaire collectif.

C’est la continuation du modèle de Las Vegas promu aux temps de la grande crise de 1929 ou de l’alcool à gogo, comme le fit le colonialisme belge au Congo, tout en bloquant l’accès des Congolais à l’université et aux études supérieures. Mais, dialectique des choses, par un juste retour du balancier, c’est dans les milieux des bars que la conscience nationale prend naissance avec Patrice Lumumba, directeur des Brasseries du Bas-Congo, pour organiser et propulser le mouvement d’indépendance de ce pays africain qui deviendra indépendant en 1960. Les dictatures pensent détourner la jeunesse de ses préoccupations essentielles concernant son instruction et son avenir en la noyant dans des réjouissances festives. En Haïti, les successeurs de la dictature duvaliériste continueront à imposer à la jeunesse le mutisme en lui inculquant des fausses valeurs. Mais la candidature à la candidature des musiciens semble inaugurer une rupture qui dérange bien des mentalités.

La revanche d’une radicalité

La musique devient alors un espace de liberté. Avec une posture rebelle et moins respectueuse de la morale des puissants. La fête continue. Mais des trouble-fêtes interpellent sur des sujets sérieux. En ce sens, Wyclef Jean incarne le dynamisme et la réussite du self-made man pour une jeunesse qui a été sacrifiée, marginalisée et qui rejette la société. Wyclef symbolise cette revanche d’une radicalité primitive qui a pleuré massivement Ktafal, Dade et Déjavu des Barikad-Crew en juin 2008 [2]. Avec une musique qui swingue et qui accroche dès la première écoute. Avec une guitare incisive, Wyclef et Micky mettent en valeur un potentiel. À la recherche d’un enchantement, ils débordent d’énergie et revendiquent l’ambiance inclassable d’un plumage pour un autre ramage. Entre hip-hop et compas, leur esprit créatif bouillonnant se déverse en abondance. Qu’on écoute le dernier titre pimenté, dé-rap-ant, de Wyclef intitulé « Préval Fout Mwen Kanè, Map Konteste, Se Pèp La Yo Bay Kanè . » Des paroles qui collent bien à la tragédie que vit actuellement le pays.

En gardant sa cote de vedette, Wyclef donne à rêver à cette frange importante de la population, la jeunesse victime de la politique tonton-macoute de dévalorisation de l’éducation revue et augmentée par Préval. Une jeunesse qui pose des questions à une société et auxquelles cette dernière n’a d’autres réponses que la médiocrité. Les jeunes ne croient plus à aucune recette. Du moins pas celles qu’une politique de la démence duvaliériste puis populiste lui offre dans un milieu où tout est faux et obsolète. Wyclef n’a pas réagi comme il aurait pu le faire à la décision arbitraire du CEP de rejeter sa candidature à la candidature. Mais le président Préval n’a pas malgré tout le cœur tranquille.

Wyclef encaisse et dénonce Préval comme un « Lucifer ». Du même coup, dans son message en créole du 14 septembre, il annonce qu’il reste sur la brèche pour que les choses changent. Le risque de pérennisation de l’action de Wyclef dérange les garants du système politique archaïque. Wyclef est invité par la fondation Clinton à Manhattan le jeudi 23 septembre 2010. S’il décline pour ne pas se retrouver côtoyant Lucifer, il renforce les préjugés contre lui. S’il accepte l’invitation, l’agencement est fait pour le travail de manipulation de l’opinion par leurs agents patentés. Dans les deux cas, le tour est joué et les journalistes de la désinformation ont la partie belle pour semer la confusion dans les esprits en évoquant le rapprochement de Wyclef avec Lucifer. La tâche assignée à une certaine presse est de banaliser Wyclef et de donner une mauvaise image de lui.

Contre les techniques fascistes de manipulation de masse

Mais les manœuvres des agents du président Préval et de certaines personnalités internationales dans la presse pour contrôler la réalité haïtienne en présentant Wyclef comme un allié de Préval ont piteusement échoué. En effet, Wyclef a répondu du tac au tac à cette manipulation en disant le jeudi 23 septembre 2010 sur Radio Kiskeya qu’il n’a pas abandonné la politique et qu’il est "à la fois un artiste et un leader politique » [3]. L’offensive menée pour discipliner Wyclef fait partie des basses manœuvres des milieux conservateurs internationaux pour corrompre l’opinion publique avec les techniques élaborées par Edward Bernay [4] et Harold Laswell [5] pour « discipliner les esprits du peuple » en altérant la réalité à travers la dissémination de fausses informations et la « gestion gouvernementale de l’opinion. » Des techniques fascistes de manipulation de masse à travers la presse qui ont servi à inspirer Hitler et Goebbels, son chef de propagande.

Wyclef enlève le sommeil à la réaction nationale et internationale quand il « dément tout retrait de la vie politique et croit même pouvoir jouer un rôle dans les prochaines présidentielles » [6]. Les élections programmées pour le 28 novembre, si elles ont lieu, ne vont pas se jouer sur du velours. Le président Préval ne contrôle rien dans son propre camp. Les rivalités s’affichent au grand jour là où il n’y avait que des réticences. D’un autre côté, pendant combien de temps les réactions haïssables produites par les mesures unilatérales du gouvernement Préval pourront-elles être contenues ? On aurait tort de croire que l’absence de récriminations ouvertes contre les troupes de la MINUSTAH signifie que ces dernières ne sont pas détestées par les Haïtiens.

La division du travail entre la réaction nationale et les milieux conservateurs internationaux est un mode d’organisation de la gouvernance mondiale visant à assurer la stabilité d’un statu quo contre le peuple haïtien. Les tâches sont partagées entre ces deux groupes nationaux et internationaux au détriment de la justice. Les forces armées internationales peuvent se permettre de faire n’importe quoi et revendiquer ensuite l’immunité du personnel diplomatique. Le peuple haïtien se doit d’être vigilant. Il doit s’organiser afin de venir à bout à la fois de la force des troupes de la MINUSTAH et de celle du contrôle de l’opinion que des médias aux ordres veulent imposer. L’effet téflon de Wyclef Jean est sans aucun doute la preuve que le peuple haïtien est en train d’acquérir l’autonomie de jugement sans lequel il ne pourra saisir les vrais enjeux du moment ni prendre en main sa destinée dans un avenir. Prévisible.

 

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Pour qui voteriez-vous si les élections devaient avoir lieu maintenant (CYCLE DU MINI-SONDAGE: 1er OCTOBRE-31 OCTOBRE)
 Sondage de Haiti Connexion Network sur la presidentielle: Pour voter pour votre candidat de votre choix, faites-le en bas
Selection   Votes 
ABELLARD Axan Delson  2%
ALEXIS Jacques Edouard  6% 13 
ANACACIS Jean Hector  0%
BAKER Charles Henry Jean-Marie  18% 42 
BIJOU Josette  0%
BLOT Gerard Marie Necker  0%
CEANT Jean Henry  16% 36 
CELESTIN Jude  3%
CHARLES Eric  0%
CRISTALIN Yves  0%
JEUDY Wilson  0%
JEUNE Jean Chavannes  1%
JEUNE Leon J.  2%
JOSEPH Genard  1%
LAGUERRE Garaudy  0%
MANIGAT Mirlande  32% 73 
MARTELLY Michel  8% 18 
NEPTUNE Yvon  1%
VOLTAIRE Leslie  4% 10 
Vote Blanc  5% 11 
228 votes total 
 
 

 

 

Haïti-Elections : Quid des conditions de la tenue des prochaines élections
 

Le casse tête de l'identification
mercredi 8 septembre 2010

Par Francesca Theosmy

P-au-P, 8 sept. 2010 [AlterPresse] --- Les conditions ne sont pas réunies pour la tenue des élections en Novembre prochain, selon Jean Claude Bajeux, directeur du Centre œcuménique de défense des droits humains (Cedh).

Prenant la parole lors d'une conférence de presse le mardi 7 septembre, Bajeux a émis des doutes sur la possibilité de véritables élections sans parvenir à régler le problème de l'identification qui parait se compliquer suite au séisme du 12 janvier, qui a fait 300.000 morts et 1,5 millions de personnes déplacées.

« Même si on voudrait avoir des élections pour le 28 novembre je ne vois pas comment (ce sera possible) avec 1 million de personnes dans les camps, et 220 000 personnes qui sont mortes et qu'il faut identifier pour [établir] la liste électorale ».

Bajeux souligne que les élections représentent « un système objectif où, on a vainement pensé à le faire, tous les votants sont identifiés. »

Le directeur du Cedh ne cache pas ses critiques à l'encontre du président de la République, René Préval, l'accusant de « conspiration contre la Constitution ».

Bajeux affirme se sentir de plus « insulté » par la décision de l'Organisation de Etats Américains (Oea) de dépêcher 200 observateurs pour les élections du 28 Novembre.

Pour lui, « ce ne sont pas les observateurs qui vont faire qu'il y ait de bonnes élections, c'est le courage et la compétence des personnes qui composent d'abord le Conseil électoral provisoire (Cep) et ensuite toute l'administration électorale. L'administration ne doit pas être une administration liée à un gouvernement », relève-t-il.

Le casse-tête de l'identification

« On peut dire qu'il est difficile pour l'Etat d'épurer la liste électorale parce qu'il y a un certain nombre de documents [actes de décès notamment] qui n'existent pas » reconnait Jean François Alexis, responsable de la communication de l'Office Nationale d'Identification.

L'Office Nationale d'Identification (Oni) attendrait jusqu'à présent un document légal du ministère de la justice l'habilitant à établir la liste des personnes décédées, sans quoi il est impossible pour l'Oni de mettre à jour sa base de données.

Déjà avant le tremblement de terre la plupart des décès n'étaient pas certifiés par un acte légal. Cette situation s'est aggravée avec le tremblement de terre,des centaines de milliers de victimes ayant été jetées dans des fosses communes sans être identifiées.

Selon l'Oni la population en âge de voter est de 4 millions, avec 58% de femmes et 42% d'hommes. Entre 2007 et 2010 seulement 928 000 personnes ont pu être identifiées par cette institution qui a livré jusqu'ici 800 000 cartes d'identification nationale.

L'Oni qui opère sur tout le territoire à partir de 141 bureaux refuse de parler de lenteur dans le processus, cependant son bureau central à Port-au-Prince est littéralement assiégé. A un peu moins de 3 mois des élections, la foule est dense devant ce bureau et les files d'attente interminables.

« Quand la police opère des contrôles dans la rue elle exige à force de coups de matraque de fournir la carte d'identification nationale. Alors qu'est-ce que je suis sensé faire ? Je fais des aller-retour ici depuis 15 jours pour récupérer la mienne », raconte un homme coincé dans une longue file d'attente depuis l'aube.

La plupart des plaintes émises par les personnes interrogées devant le bureau central de l'Oni vont dans le même sens : l'attente est effroyable, il faut parfois patienter une demi-journée sous un soleil de plomb. L'administration elle-même montre des signes de faiblesse et pour récupérer leur carte d'identification nationale certains disent qu'ils sont ballotés d'un bureau à un autre.

Entre 2005 et 2007 le processus d'identification relevait du CEP qui avait alors enregistré 3,5 millions de personnes. Toutes n'ont pas pu récupérer leur carte d'identification nationale. Ainsi 100 000 cartes ont été remises à l'Oni qui a commencé à les distribuer fin 2008.

Mais seulement 48 000 ont pu être livrées, selon Jean Francois Alexis. Les autres n'ont pas été réclamées, entre autres, pour cause de décès. [kft gp apr 08/09/2010 07:00]

 

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