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Santé-Health
| Haïti : la peur au temps du choléra |
2010-11-17 18:05
Par Monique Mas
L’expansion du choléra est bien sûr facilitée par les conditions d’extrême précarité dans lesquelles vivent les sinistrés du séisme du 12 janvier 2010. Mais le tremblement de terre n’explique pas tout. En matière d’hygiène, Haïti vient de nulle part. Acteur important de la lutte contre l’infection, la Croix-Rouge ne parvient pas à enrayer la catastrophe malgré ses livraisons de latrines toutes neuves, avec leur « dames pipi » équipées de bidons d’eau de Javel.
Un cloaque pour cadre de vie
Sels de réhydratation et antibiotiques permettent de guérir rapidement le choléra lorsqu’il est pris à temps. S’ils ne sont pas trop accablés par une malnutrition chronique, les enfants récupèrent même très vite. Mais lorsqu’ils rentrent chez eux, c’est en général pour replonger dans le cloaque qui sert de cadre de vie à nombre de citadins haïtiens et aux habitants des villages à la moindre inondation.
Comme le soulignait déjà en juillet dernier un rapport alarmiste de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Haïti est le seul pays au monde où la gestion des déchets et le traitement des eaux usées ont reculé ces dernières années, « au point qu’avant le tremblement de terre, dix-sept pour cent seulement des habitants disposaient de toilettes ».
Six mois après le séisme, la moitié au moins des quelque deux millions de sinistrés n’avaient toujours pas accès aux infrastructures nécessaires en la matière. Pourtant l’aide humanitaire s’est logiquement concentrée sur les camps de déplacés. La situation est donc pire encore dans les bidonvilles urbains ou dans les zones rurales reculées, là où l’assainissement constitue depuis longtemps l’un des besoins les plus urgents en termes de développement (jamais atteint) sinon de reconstruction (promise pour beaucoup plus tard).
Alerte à la contagion
En attendant, et malgré les conseils de prévention diffusés par l’ensemble des radios, mais aussi par camions sonorisés et même via 2 millions de SMS envoyés à Port-au-Prince et dans l’Artibonite, la Croix-Rouge déplore que les corps de certaines victimes du choléra soient conservés dans les familles ou pire encore, qu’ils restent à l’abandon dans les rues. Des situations hautement contagieuses maintes fois constatées dans la quatrième ville du pays, Gonaïve (350 000 habitants), dans le département de l’Artibonite, entre montagnes et mer des Caraïbes. Son maire a d’ailleurs affrété un camion pour ramasser les corps et s’efforce de dissuader la population de tout contact prolongé avec eux.
C’est au retour d’une visite chez lui, en Haïti, le 29 octobre qu’un ouvrier du bâtiment de 32 ans est tombé malade à Higuey, dans la République dominicaine voisine où il réside. Il a été hospitalisé le 2 novembre, après avoir à peine dépassé le temps d’incubation ordinaire du choléra : 48 heures. Rendu public par le ministre dominicain de la santé publique, Bautista Rojas, ce premier cas relance les craintes de l’autre côté de la frontière qui sépare les deux Etats de l’île d’Hispaniola. Depuis fin octobre la République dominicaine avait pourtant très sévèrement réglementé les entrées sur son territoire des biens et des personnes en provenance d’Haïti. Des militaires ont même été déployés pour verrouiller la frontière et endiguer la maladie.
Panique sur Hispaniola
Martyrisée par les aléas climatiques, séisme et inondation, avant d’être la proie d’un choléra opportuniste qui se développe sur sa misère, sans parler de la violence politique ou crapuleuse qu’elle subit plus souvent qu’à son tour, la population haïtienne a bien des raisons d’avoir peur et même de se sentir abandonnée en dépit de l’aide extérieure. Celle-ci ne peut guère répondre qu’à l’urgence.
Lundi c’est un véritable mouvement de panique qui a vu des habitants de Hinche, au centre du pays, et de Cap-Haïtien, au Nord, menacer des casques bleus népalais accusés d'avoir propagé le choléra à partir des fosses septiques de leur base de la région de Mirebalais (centre). Pris de peur à leur tour, les soldats de l’Onu ont tiré dans la foule, faisant deux morts et quatorze blessés.
Le porte-parole de l’armée népalaise assure avoir effectué des tests prouvant qu’aucun soldat sur son millier d’hommes n’est porteur de la bactérie du choléra. Mais mardi encore, des heurts ont opposé des jeunes manifestants et des soldats de la force de maintien de la paix de l'ONU (Minustah) pour la deuxième journée consécutive au Cap-Haïtien la deuxième ville du pays.
A l’appui de la Minustah qui a revendiqué lundi son droit à la « légitime défense » dans un communiqué dénonçant « une motivation politique » pour créer « un climat d’insécurité » à la veille des élections présidentielle et législatives du 28 novembre, le président haïtien, René Préval, a lancé mardi soir un appel à « maintenir la solidarité avec les autorités nationales et la communauté internationale ».
« Les tirs d'armes à feu, les jets de bouteille, les barricades de pneus enflammés ne permettront pas d'éliminer le germe du choléra. Au contraire, cela empêchera les malades de recevoir des soins et de livrer les médicaments là ou cela est nécessaire », conclut René Préval qui appelle candidats et partis à « combattre le choléra tout en poursuivant la campagne électorale ».
Les élections et leurs cortèges de déplacements constituent certes une priorité politique. Elles menacent toutefois de très mal s’accommoder de la situation sanitaire.
Haïti:
l'épidémie
de choléra
pourrait
s'installer
dans la
durée, juge
l'ONU
PORT-AU-PRINCE (AFP) -
Le choléra qui sévit en Haïti pourrait "durer des années", a averti l'ONU lundi, tout en observant que les dix départements que compte le pays étaient désormais touchés par la maladie, compliquant l'organisation d'élections prévues dans moins de deux semaines.
A en croire Nigel Fisher, coordonnateur de l'action humanitaire des Nations unies en Haïti, la maladie, qui a fait près d'un millier de morts en l'espace d'un mois, devrait s'installer dans la durée.
L'épidémie "va certainement durer des mois. Lorsqu'on observe l'évolution d'autres épidémies, cela pourrait même durer des années. Ici, en Haïti, nous sommes en terre inconnue", a déclaré M. Fisher à l'AFP.
"Selon les épidémiologistes, nous allons continuer à voir le nombre de cas augmenter de façon significative", a-t-il ajouté un peu plus tard lors d'un compte-rendu retransmis par vidéoconférence auquel avaient été conviés des journalistes au siège de l'ONU à New York.
"Nous avons des cas" dans les dix départements que compte le pays le plus pauvre du continent américain, a relevé M. Fisher, qui se trouve en Haïti.
Jusqu'à maintenant, les autorités haïtiennes parlaient de six départements touchés.
Vendredi, l'ONU a lancé un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour "éviter d'être dépassée" par l'épidémie.
Dans l'immédiat, les autorités haïtiennes sont surtout préoccupées par la tenue des scrutins présidentiel et législatif qui doivent avoir lieu le dimanche 28 novembre.
Malgré la crise sanitaire, les candidats à la succession du président René Préval ne sont pas en faveur d'un report des élections.
"Il n'est pas raisonnable de penser à un report", a déclaré à l'AFP Mirlande Manigat, favorite dans les sondages, même si elle reconnaît que "le contexte général n'est pas favorable aux élections".
Leslie Voltaire, également candidat à la présidence, est du même avis.
"On ne peut pas reporter les élections en raison du choléra. Personne ne sait si la situation ne va pas empirer dans un ou deux mois", a-t-il dit à l'AFP, mettant en garde contre le risque d'une "nouvelle crise politique" si un gouvernement provisoire devait être mis en place.
Le ministère haïtien de la Santé n'a pas divulgué de nouveau bilan lundi. Dimanche, les autorités avaient révélé que 917 personnes étaient décédées depuis la mi-octobre des suites du choléra. En outre, il y a eu 14.642 hospitalisations, mais la grande majorité des malades ont pu quitter l'hôpital.
Le département de l'Artibonite (nord), foyer de l'épidémie, reste la région la plus touchée avec un total de 595 morts depuis la mi-octobre, selon les données publiées par le ministère de la Santé.
La maladie continue aussi de progresser dans la capitale Port-au-Prince, avec 27 morts recensés.
Les autorités redoutent que l'épidémie n'atteigne les camps insalubres dans lesquels s'entassent les réfugiés du séisme du 12 janvier.
François Servranckx, de Médecins sans Frontières, a indiqué à l'AFP que son organisation était "quand même en mesure pour le moment de gérer la situation, de faire face". "Mais malgré tout, je pense qu'on peut potentiellement parler d'un nombre très élevé de patients qui dépassera nos capacités", a-t-il dit.
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Vaccin oral
contre le
choléra: de
bonnes
perspectives
Un essai
portant sur
un nouveau
vaccin
anticholérique
oral se
déroulant à
Calcutta
semble
prometteur
mais, comme
l’indique
Patralekha
Chatterrjee,
un vaccin
reste une
arme parmi
d’autres
dans la
lutte contre
la maladie.
Septembre
2006: la
phase III de
l’essai
clinique
d’un vaccin
anticholérique
oral
bivalent est
en cours
dans un
quartier de
Calcutta,
dans l’est
de l’Inde.
Comme dans
tout essai
clinique, il
s’agit d’un
stade
décisif: le
vaccin a été
administré à
un grand
nombre de
personnes
pour
confirmer
son
efficacité,
surveiller
les effets
secondaires
et
recueillir
des
informations
qui
permettront
de
l’utiliser
en toute
sécurité.
Plus de 30
centres de
vaccination
ont été mis
sur pied
dans les
bidonvilles
de Calcutta
de sorte que
les
personnes
n’aient pas
à aller loin
pour se
faire
vacciner.
Mais des
pluies
torrentielles
ont frappé
cette ville
de plus de
14 millions
d’habitants.
Photo--Les
inondations
ne
découragent
pas les gens
de venir se
faire
vacciner.
L’intérêt
pour le
vaccin était
tel que les
gens ne se
sont pas
laissé
décourager
par les
pluies.
«Nous avons
été surpris
de constater
le nombre de
personnes
souhaitant
se faire
vacciner
même avec
cette pluie»
se souvient
le Dr Dipila
Sur,
Directeur
adjoint du
National
Institute of
Cholera and
Enteric
Diseases
(NICED) de
l’Inde. «Il
est arrivé
que le
personnel
des centres
de
vaccination
nous appelle
paniqués
parce que
les tables
et les
chaises
flottaient
littéralement.»
Les
habitants
ont été
enthousiasmés
par l’essai
du vaccin,
des
chercheurs
ayant passé
deux ans à
éduquer la
communauté
avant le
début de
l’étude.
Le Dr Sujit
Kumar
Bhattacharya,
médecin du
Bureau
régional de
l’Organisation
mondiale de
la Santé
pour l’Asie
du Sud-Est
souligne
l’importance
de la
consultation
de la
communauté
avant
l’introduction
du vaccin.
«Lorsque
nous avons
élaboré le
protocole,
nous savions
que,
scientifiquement,
nous
disposions
d’un bon
vaccin,
possible à
exploiter,
mais qui
devait
encore être
accepté par
les gens.
Nous avons
installé à
l’avance un
petit bureau
dans
certains
bidonvilles
(où les
essais
devaient
ensuite
avoir lieu).
Au début,
les gens
nous
demandaient
surtout de
l’eau
potable et
des moyens
d’assainissement,
etc.»
«Nous avons
organisé des
camps d’aide
médicale
pour traiter
d’autres
maladies,
organisé des
réunions
informelles
avec les
responsables
de la
communauté
et nous
sommes
rallié les
imams (religieux
musulmans)
locaux et
avons même
tenu au
courant la
Commission
nationale
des Droits
de l’Homme
et la police
locale» a
expliqué le
Dr
Bhattacharya,
ancien chef
du NICED.
Les
résultats
intermédiaires
de l’essai
de phase III
qui a débuté
à Calcutta
en 2006 ont
été publiés
récemment.
On a
enregistré
20 épisodes
de choléra
chez 52 212
personnes
vaccinées et
68 épisodes
chez les 55
562
personnes
qui avaient
reçu le
placebo. «L’essai
de vaccin
s’est
traduit par
une
protection à
68% de
toutes les
tranches
d’âge deux
ans après la
vaccination.
Les enfants
âgés de 5 à
15 ans
étaient
protégés à
88%. Compte
tenu de la
forte charge
de morbidité
due au
choléra dans
plusieurs
régions de
l’Inde,
c’est une
conclusion
très
intéressante»,
a déclaré le
Dr Sur.
Le NICED
travaille à
Calcutta
depuis plus
de cinq ans
avec des
chercheurs
de
l’Institut
international
des vaccins
basé à Séoul
afin
d’accélérer
l’introduction
de ce vaccin
anticholérique
oral,
susceptible
de
constituer
une
véritable
avancée dans
la lutte
contre la
maladie.
Le nouveau
vaccin
arrive à un
moment de
résurgence
de la
maladie. Les
gens
contractent
le choléra
en buvant de
l’eau ou en
mangeant des
aliments
contaminés
par la
bactérie
Vibrio
cholerae et,
faute de
traitement,
peut
entraîner la
mort en
quelques
heures par
déshydratation
et choc.
Le nombre de
cas de
choléra
notifiés à
l’OMS au
niveau
mondial
augmente
régulièrement
depuis 2000.
Entre 2004
et 2008, 838
315 cas ont
été signalés
à l’OMS, ce
qui
représente
une
augmentation
de 24% par
rapport aux
676 651 cas
notifiés
entre 2000
et 2004.
OMS
Carte des
flambées
épidémiques
de choléra
dans le
monde de
2007 à
octobre
2009.

On estime
cependant
que le
nombre réel
de cas de
choléra est
bien
supérieur en
raison de la
sous-notification
et d’autres
limites du
système de
surveillance,
telles que
le manque de
standardisation
de la
définition
des cas ou
des moyens
de
diagnostic
limités.
D’après le
Dr Claire-Lise
Chaignat,
chef du
Groupe
spécial
mondial sur
la lutte
anticholérique,
«le choléra
est en
progression
en raison de
l’augmentation
du nombre de
personnes
marginalisées,
de l’exode
rural, et
des
déplacements
de
population
des zones à
haut risque
vers
d’autres
zones alors
que les
infrastructures
et les
moyens
d’adduction
d’eau et
d’assainissement
ne suivent
pas.»
Même si des
vaccins
anticholériques
oraux
existent
depuis plus
de 20 ans et
ont été
recommandés
par l’OMS
pour lutter
contre le
choléra, ils
n’ont pas
été
largement
adoptés par
les pays en
développement
en raison de
leur coût
élevé, d’une
offre
limitée et
de la
nécessité
d’administrer
deux doses.
À l’heure
actuelle, le
seul vaccin
anticholérique
oral
présélectionné
par l’OMS se
compose de
germes
entiers de
V. cholerae
01 tués
associés à
une
sous-unité B
recombinée
de toxine
cholérique
(WC rBS),
est
commercialisé
sous la
marque
Dukoral et
homologué au
niveau
international
pour toute
personne
âgée de plus
de deux ans.
Ce vaccin
n’est
cependant
pas
homologué en
Inde et est
considéré
comme trop
coûteux et
trop
difficile à
administrer
pour être
utilisé en
routine.
La
production
du vaccin en
Inde a été
compliquée
et est
passée par
un transfert
de
technologie
du Viet Nam,
qui lui-même
avait
utilisé un
transfert de
technologie
de Suède.
John Clemens
explique les
facteurs qui
ont amené à
privilégier
le choix de
l’Inde pour
la
fabrication
du vaccin.
«Pour que le
vaccin
puisse être
acceptable
au niveau
international,
il devait
être
fabriqué
dans un pays
dont
l’autorité
nationale de
réglementation
était
approuvée
par l’OMS et
qui pouvait
assurer une
production
conforme aux
normes de
l’OMS.
L’autorité
de
réglementation
nationale
indienne, le
Drug
Controller
General of
India, est
approuvée
par l’OMS et
Shantha
Biotechnics,
le
fabricant, a
déjà
fabriqué des
vaccins qui
ont été
présélectionnés
par l’OMS»,
explique
John
Clemens.
Compte tenu
des
résultats
intermédiaires
positifs de
l’essai
clinique de
phase III
mené à
Calcutta,
Shanta
Botechnics a
reçu toutes
les
autorisations
nécessaires
pour la
fabrication.
Le vaccin
est
actuellement
commercialisé
en Inde sous
le nom de
Shanchol.
Le mouvement
international
visant à
rendre les
vaccins
anticholériques
plus
largement
disponibles
a commencé
avec le
programme de
lutte contre
les maladies
des plus
pauvres et
l’Initiative
pour un
vaccin
anticholérique
financés
tous deux
par la
Fondation
Bill &
Melinda
Gates et
coordonnés
par
l’Institut
international
des vaccins.
La mise à
disposition
d’un vaccin
peu coûteux,
sûr et
efficace,
facile à
produire et
à
administrer
facilitera
l’utilisation
des vaccins
dans la
lutte contre
le choléra
mais le Dr
Chaignat de
l’OMS se
montre
cependant
prudente.
«Il est bon
que des pays
à forte
incidence du
choléra
puissent
produire
leur propre
vaccin. Nous
comptons
beaucoup sur
ce vaccin
qui est en
voie de
présélection
par l’OMS.
Mais un
vaccin
anticholérique
n’est qu’une
mesure parmi
d’autres et
ne se
substitue
pas à la
fourniture
de sources
d’eau
salubre, à
des mesures
d’assainissement
et au
travail avec
les
communautés
pour
encourager
les
changements
de
comportement
et réduire
les risques
d’infection.»■
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Le choléra dans l'histoire
d'Haïti:
Par
Deborah Jenson, Duke University*Deborah JensonCo-director, Haiti LabEmail:
deborah.jenson@duke.edu
Dans les annales du XIXe
siècle en Haïti, on retrouve des traces de
cordons sanitaires et d'autres mesures
prises contre le choléra. Les autorités
haïtiennes se montraient vigilantes face à
la possibilité de son introduction par voie
maritime. Le président Boyer s'inquiétait,
en août 1832, de l'introduction potentielle
en Haïti du choléra venu de l'Europe et des
États-Unis.
"La prudence commandant de
prendre des moyens convenables pour
s'opposer, autant que possible, à l'invasion
en Haïti du choléra-morbus, qui a déjà
franchi l'Europe et pénétré aux États-Unis ;
je vous invite à vous joindre au commissaire
du gouvernement, au commandant de la place,
au juge de paix et au conseil des notables,
afin de prendre les mesures les plus
appropriées aux localités, à l'égard des
bâtiments qui arriveront des ports des
États-Unis dont la proximité rend la
propagation de cette épidémie plus facile ."
A plusieurs périodes du
XIXe siècle, le gouvernement haïtien s'est
révélé prudent. Le Moniteur de 1892 a
annoncé l'initiative du président Hyppolite
d'interdire les navires "infectés par le
choléra" d'entrer dans les ports ouverts de
la République.
Et on ne trouve pas de
témoignage direct de l'arrivée du choléra en
Haïti (ni en "Hayti," à Santo Domingo ou à
Saint-Domingue). L'historien Thomas Madiou
s'est même posé la question d'une possible
résistance environnementale d'Haïti à ce
fléau mondial :
"Il est à observer que
cette maladie n'est jamais parvenue en Haïti,
même quand elle s'est trouvée en même temps
tout autour de notre île, à St. Thomas, à
Porto Rico, à la Jamaïque et à Cuba, au Vent
comme sous le Vent. Cela tiendrait-il aux
émanations de notre sol qui ne permettraient
pas d'exister aux animalcules cholériques ou
à un état particulier de notre atmosphère ?"
Madiou n'était pas le seul
à se poser cette question ; un consul du
gouvernement britannique en Haïti citait
l'exemple haïtien pour mettre en question la
nature contagieuse de la maladie.
"J'ai trouvé, durant la
première moitié des années 1850, le seul
moment où la communauté internationale note
au moins une rumeur de choléra en Haïti,
lorsqu'une pandémie sévissait dans les
Antilles comme ailleurs."
David Watts indique que de
1850 à 1851, la Jamaïque aurait perdu 25 000
à 30 000 individus, soit 8 % de sa
population. Le choléra faisait des ravages
également à St-Thomas, à Trinidad, en
Guadeloupe et ailleurs. Le Medical Times de
1852, à la fin d'un compte rendu sur le
choléra à travers le monde, constatait qu'à
« Port-au-Prince, Hayti, the epidemic is
greatly diminished in severity. » Mais des
témoins directs ont démenti la nouvelle du
choléra en Haïti pendant cette période. Le
Massachusetts Daily Atlas du 14 janvier 1851
citait un certain capitaine Moyer, rentré du
Cap en Haïti: « Captain Moyer [...] reports
that port as healthy, and has been so for a
long time. The reports that cholera was
raging there proved to be false. » Est-ce
parce que le gouvernement autoritaire de
Faustin Soulouque ne permettait pas la
circulation de nouvelles sur le choléra ?
Possible. Mais à une époque où les
commerçants voulaient surtout éviter de
ravitailler des ports contaminés, ce serait
remarquable qu'un empereur haïtien parvienne
à faire taire la presse internationale.
On retrouve aussi relativement peu de
traces du choléra dans la partie orientale
de l'île, sauf pendant la période 1866-1868.
En 1868, le Boston Daily Advertiser estimait
à 20 par jour le nombre de morts de choléra
à Santo Domingo. (Le Philadelphia Inquirer
du 17 mars 1868 notait qu'en Haïti,
"Intelligence having been received of the
existence of cholera in Santo Domingo and
Saint-Thomas, the government had ordered all
vessels arriving at Port-au-Prince or any of
the out ports from those places, to be put
in quarantine".)
Spenser St. John, (In 1886
a notorious book appeared, Sir Spencer St.
John's HAYTI OR THE BLACK REPUBLIC. This is
the single most negative book ever written
on Haiti.) grand raciste de
l'historiographie d'Haïti, a noté en 1886 :
"bien que Port-au-Prince soit la ville la
plus dégoûtante que j'aie jamais vue, elle
n'a jamais été visitée par le choléra."
Kenneth F. Kiple, (Plague,
Pox & Pestilence: Disease in History by
Kenneth F. Kiple) dans son étude experte sur
le choléra dans la Caraïbe, de l'arrivée de
cette maladie à Cuba en 1833 jusqu'à ses
effets meurtriers à la Jamaïque, ne
mentionne pas une seule fois Haïti, ni la
République dominicaine .
Presque deux cents ans
après son arrivée aux Antilles, le choléra a
enfin franchi la barrière invisible d'Haïti,
comme si quelque lwa des mers ou des
barrières aurait échoué. Rappelons qu'Haïti
est loin d'être le seul pays vulnérable ;
des États-Unis au XIXe siècle à l'Amérique
latine des années 1990, notre hémisphère
connaît bien le choléra. Malgré la date de
la première pandémie documentée de choléra
en 1817, des records de maladies qui
ressemblent fort au choléra remontent à plus
de deux mille ans dans la culture grecque et
sanskrite.
Les microbes vibrio
cholerae existent dans l'environnement
aquatique à l'état latent, comme la belle au
bois dormant ; l'infection ne se transmet
pas nécessairement par des agents humains.
Les microbes entrent dans un état viable
plutôt que dormant à l'aide de facteurs
déclenchant que les chercheurs associent de
plus en plus avec le changement climatique
et ses effets sur les planctons aquatiques.
En effet, il est possible que Madiou ait eu
raison en quelque sorte ; que les conditions
ne favorisaient pas le réveil du choléra en
Haïti. Cela a changé ; Haïti se réveille
d'un nouveau cauchemar ; on peut l'imputer
aux changements climatiques, et, bien sûr,
aux conditions désastreuses de
l'après-tremblement de terre de janvier
2010, avec des camps de tentes qui
s'étendent de la banlieue nord de
Port-au-Prince jusqu'à Jacmel.
Depuis longtemps, les
activistes humanitaires "tremblent" à l'idée
d'une possible introduction du choléra en
Haïti, selon Francine Tardif dans son Regard
sur l'humanitaire, une analyse de
l'expérience haïtienne en 1997 : "Pour les
pays environnants, la possibilité d'une
pénétration du choléra en Haïti fait
également trembler puisque, de l'avis
général, il deviendrait alors difficile de
contrôler la maladie". Le fait que 75 % des
gens infectés n'auront jamais de symptôme -
une bonne nouvelle en apparence - assure en
même temps sa transmission prolongée. Face à
ce nouveau crève-coeur insupportable,
rappelons l'histoire digne de la résistance
d'Haïti à cette maladie omniprésente dans
l'histoire occidentale, et les conditions
globales à la fois "naturelles" et façonnées
par la civilisation industrielle humaine qui
ont ouvert cette boîte d'un Pandore sans
coeur.
*L'auteur est
co-directrice de Haiti Lab du Franklin Hope
Institute (FHI), Duke University en Caroline
du Nord aux Etats-Unis.
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XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Thème: Accouchement
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
Trètman kolera
an kreyòl ak renmèd lakay
Jean Erich René
Otawa 28 oktòb 2008
A
pali papa ! Fwa saa, se pa tripotay, se tout
bon. Semenn saa, gen yon maladi yo rele
KOLERA ki tonbe sou pèp ayisyen yan, kap fè
l monte lesyèl pa do. Se lan Latibonit li
tanmen epi lap layite kòl toupatou. Se pa de
zen kap simaye! Anpil moun vanse pèdi tèt yo
tèlman yo pè. Poutan renmèd ki pou geri moun
ki gen kolera a e pou anpeche sak poko
genyen l yo trape l, li laa anba pye yo. Sa
w pa konnen pi gran pase w
1.-Ki sak bay Kolera a e ki sak rive moun ki
genyen l lan ?
Se yon ti bèt tout zwit ke w paka wè ak je
w, yon mikwob ki kole lan trip moun lan kap
sasinen andedan l. Li ba l yon kalite
vomisman, kolik, vant mennen kap koule
tankou tiyo dlo. Dyare sa a pa janm rete
jiskaske li depafini moun ki genyen l yo.
Yon ti kadè li vide tout sa ki lan boyo l ,
li seche tout dlo ki lan kò l nèt ale. Li
vini plat kon po pinèz. Li pèdi tout fòs li,
jis li tonbe faya, menm mache li pa ka mache.
Moun ki pa jwenn swen yo tou mouri.
Nou konnen ke
lan Sksyon kominal yo, pa gen lopital ni
dispansè, se la vil pou yo ale. Si la vil la
te gen renmèd pou yo! Donk se pa ni 2 ni 3
kretyen vivan ki gentan pèdi lavi yo. Yo
pale deja de 284 mò ak 3000 moun kap loveye.
Anfen! Anfen! Se bon dye sèl ki konnen.
2.-Ki sak ka geri Kolera
Po kretyen ni plenyen pa geri maleng. Pèp
ayisyen an lage tankou pitimi san gadò.
Ministè Sante Piblik pa menm gen ase vaksen
kont kolera. Lan peyi Kanada yo simaye
Klinik yo rele Medisis pou bay tout moun kap
vwajaje piki kont laroujol, kolera elatriye
ou byen ankò lè gen yon epidemi. Si se sou
zòt nap gade, nou chire. Granmesi bondye nou
gen yon pakèt fey lakay nou ki ka pèmèt nou
sòti pou kont nou anba yon seri de kalamite
doupendouk*.
Malerèzman nap
meprize sa nou genyen pou nal ranmase sa nou
pa konnen, san nou pa menm gen yon kwiv lan
pòch nou. Se lè bra nou pran lan moulen, nou
di si m te konnen. Si m te konnen toujou
dèyè ! Ki jodi map di nou ke kreyòl ak
renmèd fèy se 2 richès nou pa dwe meprize.
Se digonnen yap digonnen m tout jounen, pase
Ti Jozèf lan betiz, paske li pale kreyòl. Ki
sa gwo DJO ou byen GB bay: pale franse
demagojik pandan se tan pèp la ap kaka plat
tankou jilèt chandra. Ebyen pou nou rete
kakarèl sa a, se pou nou:
1.- Lave men nou prop ak moso savon, sitwon
ou byen fey zorany pou nou pa simaye l bay
lòt moun
2.- Se pou nou mete bouyi, rapido presto,
lan yon mamit ki pwòp yon valè dlo. Si nou
pa gen sik vide siwo myèl ladanl ou byen
siwo kann sam kras, siwo ti chodyè. Epi
brase l. Apre lage yon ponyen sèl ladanl. Lè
l kèd fè moun lan bwè l. Sa nou soti fè la
yo rele l seròm. Gras a seròm lan moun lan
pwal rejwenn ankò dlo ki te lan kò l la ke
li pèdi lan dyare. Men seròm pa pote gerizon.
Se yon lougal li ba w pou debat ak kolera a
anvanw pran chimen doktè.
Si gen sant sante oubyen lopital tou pre,
pouse bourik nou pi devan pou nal wè doktè.
Pito sa, pase malgre sa ! Men si pa genyen
soukou doktè ou enfimyè lan zòn lan, degaje
n ak resèt sa yo mwen pwal bannou wan pou
sove lavi nou 4 pye sonnen.
Tou swit apre ou
fini bay moun lan seròm lan, kouri prese
prese al kase fey youn lan pye bwa sa a yo
pou fè yon bon te pou bay moun lan bwè pou
li koupe montchoklozo* sa a :
1.- Fèy gwayav ou dimwens boujon gwayav
2.- Jenn fey vèt mango ou dimwens boujon
mango
3.- Lan peyi Mozanbik lè gen kolera Labsent
mawon, tranpe sètadi fey labsent tranpe lan
kleren bay bon randman tou.
Men resèt la:
1.- Pran yon ponyen fey mezi men nou ka
kenbe.
2.- Lave l pwòp
3.- Limen dife nou. Mete ti gout dlo ( yon
lit) lan yon mamit,
4.- Kite l bouyi pandan 30 minit, sètadi yon
ti kadè
5.- Lè dlo wa bouyi lage fey yo ladan l,
6.- Depi w retire l lan dife ya, lave yon
ponyen fey pèvanch lage l ladan epi toufe l
pandan 30 minit ou byen yon ti kadè.
3.- Ki kanti te pou bay moun lan ? Pandan
konbyen tan ?
Lè w retire te
ya sou dife ya, kite l kèd . Bay moun lan
bwèl pandan 8 jou. Kantite te pou bay moun
lan bwè ya, depann de laj li genyen.
- Si moun lan se yon ti bebe jiska 3 zan ou
bal 1/4 lit te pa jou
- Si moun lan genyen 4 ran jiska 6 zan ou
bal ½ lit te pa jou
- Si moun lan genyen 7 tan jiska 12 zan ou
bal 3/4 lit te pa jou
- Si moun lan genyen 13 zan e plis sètadi si
se gran moun ou bal 1 lit te pa jou
4.-Sou kisa nap baze nou pou nou konnen moun
lan gen yon ale mye
- Vant li pap plede bouyi tchòlòlò* ankò
- Lap kaka mwens e mwen souvan
- Vomisman ap ralanti jiskaske li koupe nèt
- Depi l mande bouyon konnen di li bon. Men
ou pa ka bal nenpòt ki bagay. sitou manje ki
gen grès.
- Griye farin lanmidon yan yon chodyè.
- Vide dlo ladan l,
- Koule l lan yon moso twal pwòp.
- Mete sik ladan l. Epi brase l jiskake li
kwit.
Ou mèt bay moun
lan labouyi saa ki pwal fè trip li fèm.
Kouman moun lan
fè geri ?
Fey te nou bwè yo, gen yon antibyotik ladan
ki touye mikwòb yo. Se sak fè vant fè mal la
ak vomisman an kaba. Menm si nou pa gen
mikwòb la, pou nou proteje tèt nou kont
kolera, nou gen dwa bwè ti gout te sa a yo.
Li pap fè nou anyen menm si nou pa malad. Kò
nou jete antibyotik natirèl yo lan pise n,
si nou pa gen bezwen yo. Se antibyotik lè
zòm fè ki bay mo sètadi efè segondè.
Atansyon
Tan pri sou ple, menm si nou ta tande kolera
a lan zòn lan, menm si li poko rive sou nou,
nou gen dwa bouyi yon seri de lòt te ki pi
fasil pou pwoteje tèt nou. Prekosyon pa
kapon! Konnen pa janm twòp. Men sa nou ka
bouyi selon sa nou jwenn:
- 2 grenn lay
- yon moso jenjanm,
- 2 zou 3 grenn jiròf , se li ki koupe
vomisan
- po grenad,
- fèy nim,
Si nou gentan bwè youn ladan yo, yap anpeche
mikwòb kolera a tonbe lan dengonn nou. Malè
pa mal se ra l ra, maladi pa bezwen konnen
ki lang ou pale pou l tonbe sou wou. Antouka
fanatik kreyòl yo: bòn sante.
doupendouk*: ki
difisil anpil
montchoklozo* :
dyare ki pa vle rete
tchòlòlò* : yon
bri ke trip ou fè lè gaz anvayi l paske li
vid.
Referans:
1.- Cholera: treatment with natural
Medicine/ medicinal plants
Lyen:
http://www.anamed.net/anamed
worldwide/zimbabwe/cholera.pdf
2.-Cholera en Hati: l’amérique latine prend
des mesures de prévention
Lyen:
http://www.tv5.org/cms/chaine_francophone/info/p-1911-redir.htm?
3- Konesans lakay: achiv Jean Erich René
Agronòm, Pitit Tè Dayiti
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