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Jeannick Mayers du bureau d'Haïti de la Croix Rouge  
 

Haïti : la peur au temps du choléra

 

Haïti: l'épidémie de choléra pourrait s'installer dans la durée, juge l'ONU

lundi 15 nov, 13 h 10

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le choléra qui sévit en Haïti pourrait "durer des années", a averti l'ONU lundi, tout en observant que les dix départements que compte le pays étaient désormais touchés par la maladie, compliquant l'organisation d'élections prévues dans moins de deux semaines.

 

Ckolera KidA en croire Nigel Fisher, coordonnateur de l'action humanitaire des Nations unies en Haïti, la maladie, qui a fait près d'un millier de morts en l'espace d'un mois, devrait s'installer dans la durée.

L'épidémie "va certainement durer des mois. Lorsqu'on observe l'évolution d'autres épidémies, cela pourrait même durer des années. Ici, en Haïti, nous sommes en terre inconnue", a déclaré M. Fisher à l'AFP.

"Selon les épidémiologistes, nous allons continuer à voir le nombre de cas augmenter de façon significative", a-t-il ajouté un peu plus tard lors d'un compte-rendu retransmis par vidéoconférence auquel avaient été conviés des journalistes au siège de l'ONU à New York.

"Nous avons des cas" dans les dix départements que compte le pays le plus pauvre du continent américain, a relevé M. Fisher, qui se trouve en Haïti.

Jusqu'à maintenant, les autorités haïtiennes parlaient de six départements touchés.

Vendredi, l'ONU a lancé un appel de fonds d'urgence de 163,8 millions de dollars pour "éviter d'être dépassée" par l'épidémie.

Dans l'immédiat, les autorités haïtiennes sont surtout préoccupées par la tenue des scrutins présidentiel et législatif qui doivent avoir lieu le dimanche 28 novembre.

Malgré la crise sanitaire, les candidats à la succession du président René Préval ne sont pas en faveur d'un report des élections.

"Il n'est pas raisonnable de penser à un report", a déclaré à l'AFP Mirlande Manigat, favorite dans les sondages, même si elle reconnaît que "le contexte général n'est pas favorable aux élections".

Leslie Voltaire, également candidat à la présidence, est du même avis.

"On ne peut pas reporter les élections en raison du choléra. Personne ne sait si la situation ne va pas empirer dans un ou deux mois", a-t-il dit à l'AFP, mettant en garde contre le risque d'une "nouvelle crise politique" si un gouvernement provisoire devait être mis en place.

Le ministère haïtien de la Santé n'a pas divulgué de nouveau bilan lundi. Dimanche, les autorités avaient révélé que 917 personnes étaient décédées depuis la mi-octobre des suites du choléra. En outre, il y a eu 14.642 hospitalisations, mais la grande majorité des malades ont pu quitter l'hôpital.

Le département de l'Artibonite (nord), foyer de l'épidémie, reste la région la plus touchée avec un total de 595 morts depuis la mi-octobre, selon les données publiées par le ministère de la Santé.

La maladie continue aussi de progresser dans la capitale Port-au-Prince, avec 27 morts recensés.

Les autorités redoutent que l'épidémie n'atteigne les camps insalubres dans lesquels s'entassent les réfugiés du séisme du 12 janvier.

François Servranckx, de Médecins sans Frontières, a indiqué à l'AFP que son organisation était "quand même en mesure pour le moment de gérer la situation, de faire face". "Mais malgré tout, je pense qu'on peut potentiellement parler d'un nombre très élevé de patients qui dépassera nos capacités", a-t-il dit.

 

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Vaccin oral contre le choléra: de bonnes perspectives


Un essai portant sur un nouveau vaccin anticholérique oral se déroulant à Calcutta semble prometteur mais, comme l’indique Patralekha Chatterrjee, un vaccin reste une arme parmi d’autres dans la lutte contre la maladie.
Septembre 2006: la phase III de l’essai clinique d’un vaccin anticholérique oral bivalent est en cours dans un quartier de Calcutta, dans l’est de l’Inde. Comme dans tout essai clinique, il s’agit d’un stade décisif: le vaccin a été administré à un grand nombre de personnes pour confirmer son efficacité, surveiller les effets secondaires et recueillir des informations qui permettront de l’utiliser en toute sécurité.

Plus de 30 centres de vaccination ont été mis sur pied dans les bidonvilles de Calcutta de sorte que les personnes n’aient pas à aller loin pour se faire vacciner. Mais des pluies torrentielles ont frappé cette ville de plus de 14 millions d’habitants.

Photo--Les inondations ne découragent pas les gens de venir se faire vacciner.

 
Des personnes font la queue devant un centre de vaccination à Calcutta en IndeL’intérêt pour le vaccin était tel que les gens ne se sont pas laissé décourager par les pluies. «Nous avons été surpris de constater le nombre de personnes souhaitant se faire vacciner même avec cette pluie» se souvient le Dr Dipila Sur, Directeur adjoint du National Institute of Cholera and Enteric Diseases (NICED) de l’Inde. «Il est arrivé que le personnel des centres de vaccination nous appelle paniqués parce que les tables et les chaises flottaient littéralement.»


Les habitants ont été enthousiasmés par l’essai du vaccin, des chercheurs ayant passé deux ans à éduquer la communauté avant le début de l’étude.

Le Dr Sujit Kumar Bhattacharya, médecin du Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour l’Asie du Sud-Est souligne l’importance de la consultation de la communauté avant l’introduction du vaccin.

«Lorsque nous avons élaboré le protocole, nous savions que, scientifiquement, nous disposions d’un bon vaccin, possible à exploiter, mais qui devait encore être accepté par les gens. Nous avons installé à l’avance un petit bureau dans certains bidonvilles (où les essais devaient ensuite avoir lieu). Au début, les gens nous demandaient surtout de l’eau potable et des moyens d’assainissement, etc.»

«Nous avons organisé des camps d’aide médicale pour traiter d’autres maladies, organisé des réunions informelles avec les responsables de la communauté et nous sommes rallié les imams (religieux musulmans) locaux et avons même tenu au courant la Commission nationale des Droits de l’Homme et la police locale» a expliqué le Dr Bhattacharya, ancien chef du NICED.

Les résultats intermédiaires de l’essai de phase III qui a débuté à Calcutta en 2006 ont été publiés récemment. On a enregistré 20 épisodes de choléra chez 52 212 personnes vaccinées et 68 épisodes chez les 55 562 personnes qui avaient reçu le placebo. «L’essai de vaccin s’est traduit par une protection à 68% de toutes les tranches d’âge deux ans après la vaccination. Les enfants âgés de 5 à 15 ans étaient protégés à 88%. Compte tenu de la forte charge de morbidité due au choléra dans plusieurs régions de l’Inde, c’est une conclusion très intéressante», a déclaré le Dr Sur.

Le NICED travaille à Calcutta depuis plus de cinq ans avec des chercheurs de l’Institut international des vaccins basé à Séoul afin d’accélérer l’introduction de ce vaccin anticholérique oral, susceptible de constituer une véritable avancée dans la lutte contre la maladie.

Le nouveau vaccin arrive à un moment de résurgence de la maladie. Les gens contractent le choléra en buvant de l’eau ou en mangeant des aliments contaminés par la bactérie Vibrio cholerae et, faute de traitement, peut entraîner la mort en quelques heures par déshydratation et choc.

Le nombre de cas de choléra notifiés à l’OMS au niveau mondial augmente régulièrement depuis 2000. Entre 2004 et 2008, 838 315 cas ont été signalés à l’OMS, ce qui représente une augmentation de 24% par rapport aux 676 651 cas notifiés entre 2000 et 2004.

OMS
Carte des flambées épidémiques de choléra dans le monde de 2007 à octobre 2009.

Carte des flambées épidémiques de choléra dans le monde de 2007 à octobre 2009.


On estime cependant que le nombre réel de cas de choléra est bien supérieur en raison de la sous-notification et d’autres limites du système de surveillance, telles que le manque de standardisation de la définition des cas ou des moyens de diagnostic limités.

D’après le Dr Claire-Lise Chaignat, chef du Groupe spécial mondial sur la lutte anticholérique, «le choléra est en progression en raison de l’augmentation du nombre de personnes marginalisées, de l’exode rural, et des déplacements de population des zones à haut risque vers d’autres zones alors que les infrastructures et les moyens d’adduction d’eau et d’assainissement ne suivent pas.»

Même si des vaccins anticholériques oraux existent depuis plus de 20 ans et ont été recommandés par l’OMS pour lutter contre le choléra, ils n’ont pas été largement adoptés par les pays en développement en raison de leur coût élevé, d’une offre limitée et de la nécessité d’administrer deux doses.

À l’heure actuelle, le seul vaccin anticholérique oral présélectionné par l’OMS se compose de germes entiers de V. cholerae 01 tués associés à une sous-unité B recombinée de toxine cholérique (WC rBS), est commercialisé sous la marque Dukoral et homologué au niveau international pour toute personne âgée de plus de deux ans. Ce vaccin n’est cependant pas homologué en Inde et est considéré comme trop coûteux et trop difficile à administrer pour être utilisé en routine.

La production du vaccin en Inde a été compliquée et est passée par un transfert de technologie du Viet Nam, qui lui-même avait utilisé un transfert de technologie de Suède. John Clemens explique les facteurs qui ont amené à privilégier le choix de l’Inde pour la fabrication du vaccin.

«Pour que le vaccin puisse être acceptable au niveau international, il devait être fabriqué dans un pays dont l’autorité nationale de réglementation était approuvée par l’OMS et qui pouvait assurer une production conforme aux normes de l’OMS. L’autorité de réglementation nationale indienne, le Drug Controller General of India, est approuvée par l’OMS et Shantha Biotechnics, le fabricant, a déjà fabriqué des vaccins qui ont été présélectionnés par l’OMS», explique John Clemens.

Compte tenu des résultats intermédiaires positifs de l’essai clinique de phase III mené à Calcutta, Shanta Botechnics a reçu toutes les autorisations nécessaires pour la fabrication. Le vaccin est actuellement commercialisé en Inde sous le nom de Shanchol.

Le mouvement international visant à rendre les vaccins anticholériques plus largement disponibles a commencé avec le programme de lutte contre les maladies des plus pauvres et l’Initiative pour un vaccin anticholérique financés tous deux par la Fondation Bill & Melinda Gates et coordonnés par l’Institut international des vaccins.

La mise à disposition d’un vaccin peu coûteux, sûr et efficace, facile à produire et à administrer facilitera l’utilisation des vaccins dans la lutte contre le choléra mais le Dr Chaignat de l’OMS se montre cependant prudente. «Il est bon que des pays à forte incidence du choléra puissent produire leur propre vaccin. Nous comptons beaucoup sur ce vaccin qui est en voie de présélection par l’OMS. Mais un vaccin anticholérique n’est qu’une mesure parmi d’autres et ne se substitue pas à la fourniture de sources d’eau salubre, à des mesures d’assainissement et au travail avec les communautés pour encourager les changements de comportement et réduire les risques d’infection.»■

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Le choléra dans l'histoire d'Haïti:

Par Deborah Jenson, Duke University*Deborah JensonCo-director, Haiti LabEmail: deborah.jenson@duke.edu

 

Dans les annales du XIXe siècle en Haïti, on retrouve des traces de cordons sanitaires et d'autres mesures prises contre le choléra. Les autorités haïtiennes se montraient vigilantes face à la possibilité de son introduction par voie maritime. Le président Boyer s'inquiétait, en août 1832, de l'introduction potentielle en Haïti du choléra venu de l'Europe et des États-Unis.

"La prudence commandant de prendre des moyens convenables pour s'opposer, autant que possible, à l'invasion en Haïti du choléra-morbus, qui a déjà franchi l'Europe et pénétré aux États-Unis ; je vous invite à vous joindre au commissaire du gouvernement, au commandant de la place, au juge de paix et au conseil des notables, afin de prendre les mesures les plus appropriées aux localités, à l'égard des bâtiments qui arriveront des ports des États-Unis dont la proximité rend la propagation de cette épidémie plus facile ."

A plusieurs périodes du XIXe siècle, le gouvernement haïtien s'est révélé prudent. Le Moniteur de 1892 a annoncé l'initiative du président Hyppolite d'interdire les navires "infectés par le choléra" d'entrer dans les ports ouverts de la République.

Et on ne trouve pas de témoignage direct de l'arrivée du choléra en Haïti (ni en "Hayti," à Santo Domingo ou à Saint-Domingue). L'historien Thomas Madiou s'est même posé la question d'une possible résistance environnementale d'Haïti à ce fléau mondial :

"Il est à observer que cette maladie n'est jamais parvenue en Haïti, même quand elle s'est trouvée en même temps tout autour de notre île, à St. Thomas, à Porto Rico, à la Jamaïque et à Cuba, au Vent comme sous le Vent. Cela tiendrait-il aux émanations de notre sol qui ne permettraient pas d'exister aux animalcules cholériques ou à un état particulier de notre atmosphère ?"

Madiou n'était pas le seul à se poser cette question ; un consul du gouvernement britannique en Haïti citait l'exemple haïtien pour mettre en question la nature contagieuse de la maladie.

"J'ai trouvé, durant la première moitié des années 1850, le seul moment où la communauté internationale note au moins une rumeur de choléra en Haïti, lorsqu'une pandémie sévissait dans les Antilles comme ailleurs."

David Watts indique que de 1850 à 1851, la Jamaïque aurait perdu 25 000 à 30 000 individus, soit 8 % de sa population. Le choléra faisait des ravages également à St-Thomas, à Trinidad, en Guadeloupe et ailleurs. Le Medical Times de 1852, à la fin d'un compte rendu sur le choléra à travers le monde, constatait qu'à « Port-au-Prince, Hayti, the epidemic is greatly diminished in severity. » Mais des témoins directs ont démenti la nouvelle du choléra en Haïti pendant cette période. Le Massachusetts Daily Atlas du 14 janvier 1851 citait un certain capitaine Moyer, rentré du Cap en Haïti: « Captain Moyer [...] reports that port as healthy, and has been so for a long time. The reports that cholera was raging there proved to be false. » Est-ce parce que le gouvernement autoritaire de Faustin Soulouque ne permettait pas la circulation de nouvelles sur le choléra ? Possible. Mais à une époque où les commerçants voulaient surtout éviter de ravitailler des ports contaminés, ce serait remarquable qu'un empereur haïtien parvienne à faire taire la presse internationale.    On retrouve aussi relativement peu de traces du choléra dans la partie orientale de l'île, sauf pendant la période 1866-1868. En 1868, le Boston Daily Advertiser estimait à 20 par jour le nombre de morts de choléra à Santo Domingo. (Le Philadelphia Inquirer du 17 mars 1868 notait qu'en Haïti, "Intelligence having been received of the existence of cholera in Santo Domingo and Saint-Thomas, the government had ordered all vessels arriving at Port-au-Prince or any of the out ports from those places, to be put in quarantine".)

Spenser St. John, (In 1886 a notorious book appeared, Sir Spencer St. John's HAYTI OR THE BLACK REPUBLIC. This is the single most negative book ever written on Haiti.) grand raciste de l'historiographie d'Haïti, a noté en 1886 : "bien que Port-au-Prince soit la ville la plus dégoûtante que j'aie jamais vue, elle n'a jamais été visitée par le choléra."

Kenneth F. Kiple, (Plague, Pox & Pestilence: Disease in History by Kenneth F. Kiple) dans son étude experte sur le choléra dans la Caraïbe, de l'arrivée de cette maladie à Cuba en 1833 jusqu'à ses effets meurtriers à la Jamaïque, ne mentionne pas une seule fois Haïti, ni la République dominicaine .

Presque deux cents ans après son arrivée aux Antilles, le choléra a enfin franchi la barrière invisible d'Haïti, comme si quelque lwa des mers ou des barrières aurait échoué. Rappelons qu'Haïti est loin d'être le seul pays vulnérable ; des États-Unis au XIXe siècle à l'Amérique latine des années 1990, notre hémisphère connaît bien le choléra. Malgré la date de la première pandémie documentée de choléra en 1817, des records de maladies qui ressemblent fort au choléra remontent à plus de deux mille ans dans la culture grecque et sanskrite.

Les microbes vibrio cholerae existent dans l'environnement aquatique à l'état latent, comme la belle au bois dormant ; l'infection ne se transmet pas nécessairement par des agents humains. Les microbes entrent dans un état viable plutôt que dormant à l'aide de facteurs déclenchant que les chercheurs associent de plus en plus avec le changement climatique et ses effets sur les planctons aquatiques. En effet, il est possible que Madiou ait eu raison en quelque sorte ; que les conditions ne favorisaient pas le réveil du choléra en Haïti. Cela a changé ; Haïti se réveille d'un nouveau cauchemar ; on peut l'imputer aux changements climatiques, et, bien sûr, aux conditions désastreuses de l'après-tremblement de terre de janvier 2010, avec des camps de tentes qui s'étendent de la banlieue nord de Port-au-Prince jusqu'à Jacmel.

Depuis longtemps, les activistes humanitaires "tremblent" à l'idée d'une possible introduction du choléra en Haïti, selon Francine Tardif dans son Regard sur l'humanitaire, une analyse de l'expérience haïtienne en 1997 : "Pour les pays environnants, la possibilité d'une pénétration du choléra en Haïti fait également trembler puisque, de l'avis général, il deviendrait alors difficile de contrôler la maladie". Le fait que 75 % des gens infectés n'auront jamais de symptôme - une bonne nouvelle en apparence - assure en même temps sa transmission prolongée. Face à ce nouveau crève-coeur insupportable, rappelons l'histoire digne de la résistance d'Haïti à cette maladie omniprésente dans l'histoire occidentale, et les conditions globales à la fois "naturelles" et façonnées par la civilisation industrielle humaine qui ont ouvert cette boîte d'un Pandore sans coeur.

*L'auteur est co-directrice de Haiti Lab du Franklin Hope Institute (FHI), Duke University en Caroline du Nord aux Etats-Unis.

Sujet Lié:

Current Map of Cholera-Affected Areas (http://bit.ly/bDBGkK)

  

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Thème: Accouchement
 
Vidéo de l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal>

  

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Trètman kolera an kreyòl ak renmèd lakay
Jean Erich René
Otawa 28 oktòb 2008


A pali papa ! Fwa saa, se pa tripotay, se tout bon. Semenn saa, gen yon maladi yo rele KOLERA ki tonbe sou pèp ayisyen yan, kap fè l monte lesyèl pa do. Se lan Latibonit li tanmen epi lap layite kòl toupatou. Se pa de zen kap simaye! Anpil moun vanse pèdi tèt yo tèlman yo pè. Poutan renmèd ki pou geri moun ki gen kolera a e pou anpeche sak poko genyen l yo trape l, li laa anba pye yo. Sa w pa konnen pi gran pase w

1.-Ki sak bay Kolera a e ki sak rive moun ki genyen l lan ?

Se yon ti bèt tout zwit ke w paka wè ak je w, yon mikwob ki kole lan trip moun lan kap sasinen andedan l. Li ba l yon kalite vomisman, kolik, vant mennen kap koule tankou tiyo dlo. Dyare sa a pa janm rete jiskaske li depafini moun ki genyen l yo. Yon ti kadè li vide tout sa ki lan boyo l , li seche tout dlo ki lan kò l nèt ale. Li vini plat kon po pinèz. Li pèdi tout fòs li, jis li tonbe faya, menm mache li pa ka mache. Moun ki pa jwenn swen yo tou mouri.

Nou konnen ke lan Sksyon kominal yo, pa gen lopital ni dispansè, se la vil pou yo ale. Si la vil la te gen renmèd pou yo! Donk se pa ni 2 ni 3 kretyen vivan ki gentan pèdi lavi yo. Yo pale deja de 284 mò ak 3000 moun kap loveye. Anfen! Anfen! Se bon dye sèl ki konnen.


2.-Ki sak ka geri Kolera

Po kretyen ni plenyen pa geri maleng. Pèp ayisyen an lage tankou pitimi san gadò. Ministè Sante Piblik pa menm gen ase vaksen kont kolera. Lan peyi Kanada yo simaye Klinik yo rele Medisis pou bay tout moun kap vwajaje piki kont laroujol, kolera elatriye ou byen ankò lè gen yon epidemi. Si se sou zòt nap gade, nou chire. Granmesi bondye nou gen yon pakèt fey lakay nou ki ka pèmèt nou sòti pou kont nou anba yon seri de kalamite doupendouk*.

Malerèzman nap meprize sa nou genyen pou nal ranmase sa nou pa konnen, san nou pa menm gen yon kwiv lan pòch nou. Se lè bra nou pran lan moulen, nou di si m te konnen. Si m te konnen toujou dèyè ! Ki jodi map di nou ke kreyòl ak renmèd fèy se 2 richès nou pa dwe meprize. Se digonnen yap digonnen m tout jounen, pase Ti Jozèf lan betiz, paske li pale kreyòl. Ki sa gwo DJO ou byen GB bay: pale franse demagojik pandan se tan pèp la ap kaka plat tankou jilèt chandra. Ebyen pou nou rete kakarèl sa a, se pou nou:

1.- Lave men nou prop ak moso savon, sitwon ou byen fey zorany pou nou pa simaye l bay lòt moun

2.- Se pou nou mete bouyi, rapido presto, lan yon mamit ki pwòp yon valè dlo. Si nou pa gen sik vide siwo myèl ladanl ou byen siwo kann sam kras, siwo ti chodyè. Epi brase l. Apre lage yon ponyen sèl ladanl. Lè l kèd fè moun lan bwè l. Sa nou soti fè la yo rele l seròm. Gras a seròm lan moun lan pwal rejwenn ankò dlo ki te lan kò l la ke li pèdi lan dyare. Men seròm pa pote gerizon. Se yon lougal li ba w pou debat ak kolera a anvanw pran chimen doktè.

Si gen sant sante oubyen lopital tou pre, pouse bourik nou pi devan pou nal wè doktè. Pito sa, pase malgre sa ! Men si pa genyen soukou doktè ou enfimyè lan zòn lan, degaje n ak resèt sa yo mwen pwal bannou wan pou sove lavi nou 4 pye sonnen.

Tou swit apre ou fini bay moun lan seròm lan, kouri prese prese al kase fey youn lan pye bwa sa a yo pou fè yon bon te pou bay moun lan bwè pou li koupe montchoklozo* sa a :

1.- Fèy gwayav ou dimwens boujon gwayav
2.- Jenn fey vèt mango ou dimwens boujon mango
3.- Lan peyi Mozanbik lè gen kolera Labsent mawon, tranpe sètadi fey labsent tranpe lan kleren bay bon randman tou.


Men resèt la:

1.- Pran yon ponyen fey mezi men nou ka kenbe.
2.- Lave l pwòp
3.- Limen dife nou. Mete ti gout dlo ( yon lit) lan yon mamit,
4.- Kite l bouyi pandan 30 minit, sètadi yon ti kadè
5.- Lè dlo wa bouyi lage fey yo ladan l,
6.- Depi w retire l lan dife ya, lave yon ponyen fey pèvanch lage l ladan epi toufe l pandan 30 minit ou byen yon ti kadè.
 
3.- Ki kanti te pou bay moun lan ? Pandan konbyen tan ?

Lè w retire te ya sou dife ya, kite l kèd . Bay moun lan bwèl pandan 8 jou. Kantite te pou bay moun lan bwè ya, depann de laj li genyen.
- Si moun lan se yon ti bebe jiska 3 zan ou bal 1/4 lit te pa jou
- Si moun lan genyen 4 ran jiska 6 zan ou bal ½ lit te pa jou
- Si moun lan genyen 7 tan jiska 12 zan ou bal 3/4 lit te pa jou
- Si moun lan genyen 13 zan e plis sètadi si se gran moun ou bal 1 lit te pa jou


4.-Sou kisa nap baze nou pou nou konnen moun lan gen yon ale mye
- Vant li pap plede bouyi tchòlòlò* ankò
- Lap kaka mwens e mwen souvan
- Vomisman ap ralanti jiskaske li koupe nèt
- Depi l mande bouyon konnen di li bon. Men ou pa ka bal nenpòt ki bagay. sitou manje ki gen grès.
- Griye farin lanmidon yan yon chodyè.
- Vide dlo ladan l,
- Koule l lan yon moso twal pwòp.
- Mete sik ladan l. Epi brase l jiskake li kwit.

Ou mèt bay moun lan labouyi saa ki pwal fè trip li fèm.

Kouman moun lan fè geri ?

Fey te nou bwè yo, gen yon antibyotik ladan ki touye mikwòb yo. Se sak fè vant fè mal la ak vomisman an kaba. Menm si nou pa gen mikwòb la, pou nou proteje tèt nou kont kolera, nou gen dwa bwè ti gout te sa a yo. Li pap fè nou anyen menm si nou pa malad. Kò nou jete antibyotik natirèl yo lan pise n, si nou pa gen bezwen yo. Se antibyotik lè zòm fè ki bay mo sètadi efè segondè.


Atansyon
Tan pri sou ple, menm si nou ta tande kolera a lan zòn lan, menm si li poko rive sou nou, nou gen dwa bouyi yon seri de lòt te ki pi fasil pou pwoteje tèt nou. Prekosyon pa kapon! Konnen pa janm twòp. Men sa nou ka bouyi selon sa nou jwenn:
- 2 grenn lay
- yon moso jenjanm,
- 2 zou 3 grenn jiròf , se li ki koupe vomisan
- po grenad,
- fèy nim,

Si nou gentan bwè youn ladan yo, yap anpeche mikwòb kolera a tonbe lan dengonn nou. Malè pa mal se ra l ra, maladi pa bezwen konnen ki lang ou pale pou l tonbe sou wou. Antouka fanatik kreyòl yo: bòn sante.

doupendouk*: ki difisil anpil

montchoklozo* : dyare ki pa vle rete

tchòlòlò* : yon bri ke trip ou fè lè gaz anvayi l paske li vid.

Referans:
1.- Cholera: treatment with natural Medicine/ medicinal plants
Lyen: http://www.anamed.net/anamed
worldwide/zimbabwe/cholera.pdf

2.-Cholera en Hati: l’amérique latine prend des mesures de prévention
Lyen: http://www.tv5.org/cms/chaine_francophone/info/p-1911-redir.htm?

3- Konesans lakay: achiv Jean Erich René Agronòm, Pitit Tè Dayiti

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